Le couac du Quick halal à Roubaix...

19 février 2010
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Ces derniers jours une polémique s’est installée dans le paysage politique français, le Quick halal. A l’approche des élections régionales, c’est au maire de Roubaix René Vandierendonck (Parti Socialiste) que l’on doit le déclenchement de ce "buzz" politique. Bien entendu, le Front National s’est immédiatement lancé dans la brèche par l’intervention de Marinne Le Pen dimanche, sur canal +. Cette dernière étant tête de liste de son parti dans la région Nord pas de Calais.

Un débat opportuniste ?

On peut se poser la question, consistant à savoir s’il ne s’agit pas plutôt d’un débat opportuniste, d’autant plus que nous sommes à moins d’un mois des élections régionales.
La couleur politique du maire de Roubaix laisse relativement pantois vis à vis des valeurs d’ouvertures et de tolérance que semble vouloir prôner les socialistes. Après les déclarations de Georges Frêche (Socialiste) en Languedoc-Roussillon, c’est désormais une fronde contre la nourriture halal. Et même si les propos sont portés sous couvert du cache sexe habituel des politiques en manque d’inspiration, à savoir la lutte contre le communautarisme, dans une ville comme Roubaix il ne serait pas étonnant qu’il existe un traiteur faisant des spécialités chinoises, un restaurant italien... Or, aucune plainte n’a été déposée contre eux. Mais surtout, ce n’est pas depuis le début du mois de février que le Quick de Roubaix s’est lancé dans le 100% halal, c’est depuis le mois de novembre 2009 ! Sans doute qu’à cette période, trop éloignée des élections, une telle polémique instrumentalisée par le maire PS de Roubaix n’aurait pas eu le même écho, dans l’optique de faire monter le FN dans les votes pour grignoter des voix à l’UMP.

Le maire de Roubaix a déposé sa plainte ce matin, sans doute cette dernière sera même classée sans suite car elle ne repose sur aucun fondement juridique. Si le maire souhaite tout de même être entendu par un juge en audience, il sera amené à se ridiculiser. Toutefois cette dernière hypothèse reste peu probable, les élections régionales seront déjà achevées...

Aux consommateurs de faire leur choix

Le maire de Roubaix, dans une interview au Figaro d’hier précise qu’il ne fait pas ce débat dans une visée électoraliste, mais se contente de « relayer auprès de Quick ce que tous les consommateurs de Roubaix pensent ».

Certes la Grande Nurserie française reste toujours d’actualité, et si l’on voulait en donner un exemple ce cas en serait un excellent. Mais un consommateur est encore et toujours libre de faire un choix. Si manger dans ce Quick ne lui plaît pas il n’aura alors qu’à le faire savoir en changeant de boutique. Et si, comme le signal le maire de Roubaix, ce choix n’est pas possible car il s’agit du seul fast-food de sa ville, il peut se réjouir car en cas d’opportunité commerciale à saisir, en vendant des hamburgers plus "classiques", des enseignes comme Mc Do s’installeront rapidement.
Car en réalité qu’a sans doute voulu faire le Quick de Roubaix, tout simplement s’assurer la pérennité de sa boutique. Des sandwicheries et vendeurs de "kebab" installés à proximité vendant exclusivement halal ont récupéré la clientèle petit à petit du Quick, ce dernier se décidant alors de faire de même. Cela doit rester son choix privé, au nom d’une valeur universelle : la liberté du commerce et d’industrie.

A ce sujet, toujours dans la même interview accordée au journal le Figaro, le maire de Roubaix déclare : « Contrairement au FN, je ne réfute pas à Quick le droit d’avoir une offre halal, surtout à Roubaix, où la population musulmane est importante. Je présume qu’on peut obtenir à l’amiable un retour à la diversité ». Le côté d’obtention à l’amiable d’un retour à la diversité tout en créant une polémique nationale sur ce sujet laisse tout de même esquisser un sourire, et sans doute qu’à terme, toujours selon le principe universel de liberté du commerce et d’industrie les responsables du Quick en arriveront à cette situation. Toutefois ce choix leur appartient, et ils sont mieux à même d’en gérer l’opportunité en fonction de la réaction des consommateurs, qu’un politique dont les fins électoralistes ne sont jamais très loin.

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